Quand les « Cahiers antispécistes » appellent à la violence

Les groupuscules animalistes français ne sont pas uniquement composés d’agitateurs désoeuvrés, et en particulier de femmes. Ils sont aussi composés d’activistes prêts à la violence, voire au terrorisme. S’appuyant sur l’idéologie antispéciste, ils considèrent leur combat comme celui de la résistance face aux oppresseurs. Ils considèrent que la Terre est dominée par une « industrie spéciste » qu’il faut éradiquer, au besoin par la force. Les cirques ne sont, dans cette lutte, qu’un symbole, un emblème qu’ils pensent facile à détruire.

Dans son n° 39 paru en mai 2017, le périodique français Les Cahiers antispécistes ouvre ses colonnes à Steven Best. Steven Best est maître de conférences en philosophie (Lecturer in philosophy) à l’Université du Texas. Dans cette étude, longue et indigeste, Steven Best dit son admiration pour le groupuscule ALF (Animal Liberation Front), groupuscule considéré comme terroriste aux Etats-Unis et dont le porte-parole est Jerry Vlasak.

Dans son étude, Steven Best tente de démontrer que seule la violence peut sauver le monde de l’holocauste animal, et donc les animaux. Le titre de cette longue démonstration est d’ailleurs explicite : « Paralysie du pacifisme – Une défense de l’action directe militante et de la « violence » ». On ne saurait être plus clair. L’auteur, et donc Les Cahiers antispécistes, prônent en 2017 le recours à la manière forte, c’est-à-dire la violence, pour mettre fin à la domination de l’Homme sur les animaux. Contre les élevages, les boucheries, les maroquineries, les marchands de chaussures, les zoos et les cirques (qui ne tuent pourtant aucun animal).

Est-ce avec ces gens qu’on veut amener les cirques français à discuter ?

Voici, en résumé, ce que publient Les Cahiers antispécistes :

« (…) Rasséréner l’opinion publique n’est pas la priorité première d’un activiste, sa priorité va à la libération des animaux et à l’infliction maximale de dommages économiques aux exploiteurs. Pour reprendre les mots d’un activiste de l’ALF, « notre objectif est de détruire la propriété et de forcer les laboratoires à fermer – la publicité n’a rien à voir avec ces destructions ou fermetures. (…) Les succès les plus remarquables sont venus des actions clandestines et illégales qui ont frappé la propriété des exploiteurs, de l’infliction de dommages lourds ou économiquement dévastateurs, du « vol » de « propriétés » encagées, et de la récupération de vidéos accablantes sur la réalité des expériences de vivisection et des autres pratiques abominables que les exploiteurs présentent comme « humaines » au grand public. En outre, ces tactiques sont extrêmement efficaces lorsqu’il s’agit de générer de la publicité dans les médias (…) ».

Et l’auteur de conclure par ces mots :

« Les exploiteurs s’en sont parfois relevés, mais certainement pas dans tous les cas, et les annales de l’histoire fourmillent de cas où des raids et des attaques ont mis fin définitivement, de manière permanente, une bonne fois pour toutes, pour toujours, aux opérations. Non seulement les animaux, qui souffraient et mouraient dans ces enclos macabres, ont été libérés de la seule façon possible [i.e. par la force], mais le même sort a été épargné à d’innombrables milliers d’autres animaux, qui auraient enduré le même cauchemar, les mêmes fosses infernales si leur vie avait dépendu d’activistes ordinaires incapables de transcender leur peur, leur souci d’eux-mêmes et l’inertie pitoyable qui les mène à chanter, pétitionner et travailler pendant des années à des réformes pathétiques, et dans une large mesure vides de sens, de pratiques effroyables auxquelles les libérateurs ont mis fin en quelques heures.

Il me faut souligner que les tactiques d’actions directes illégales ont réussi là où aucune autre méthode n’aurait pu le faire. L’ALF a sauvé des milliers d’animaux que d’autres groupes ignoraient, dont ils ne connaissaient pas l’existence ou qu’ils étaient incapables de défendre par des moyens légaux. »

En France, l’État n’a pas encore compris à qui et à quoi il a à faire. Les groupuscules animalistes sont sans doute pour partie composés de femmes désoeuvrées avec de petits chiens, ou de jeunes gens que la disparition du communisme a laissés sans idéal. Mais il faut retenir qu’ils sont surtout animés par des leaders sans scrupules, que le recours à la violence n’effraye absolument pas. Ils veulent la guerre, ils l’ont théorisée et ils n’attendent que le bon moment pour l’engager contre l’État, contre le pouvoir économique, contre nous.

Cet appel à la violence a été publié en 2017, en France, par une publication française dont le siège est à Reus, Kerallan (29810) Plouarzel ; il est toujours en ligne. Les laisserons-nous faire ? Les parlementaires français savent-ils vraiment avec qui ils discutent, et qui se trouve derrière les interlocuteurs qu’on leur présente ?

  • Pour les sceptiques, la source est ici.
  • Lire aussi, Libé, 1er sept. 2007, ici.
  • Slate.fr, 15 mai 2017, ici.

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