En tournée, les cirques ont le droit d’héberger des animaux

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Les groupuscules et certains médias se plaisent à montrer des tigres traversant des anneaux de feu, alors que ce type de numéro n’existe pas en France (DR Femme actuelle 2017).

L’hébergement des animaux domestiques ou non-domestiques dans les cirques itinérants est sévèrement encadré en France, et ce, depuis de nombreuses années.

 

1. « Tout homme a le droit de détenir des animaux »

Tout d’abord, rappelons que ce sont les articles L. 214-1 et suivants qui permettent à l’homme de détenir légalement des animaux. L’article L. 214-2 dispose ainsi que : « Tout homme a le droit de détenir des animaux dans les conditions définies à l’article L. 214-1 ».

A. Animaux domestiques 

Tout homme a le droit de détenir des animaux domestiques. Le régime de l’hébergement des animaux domestiques est établi par l’arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d’animaux domestiques.

Parmi les mammifères domestiques, on trouve les camélidés :

  • le dromadaire (Camelus dromedarius) ;
  • les races domestiques du chameau (Camelus bactrianus) ;
  • le lama (Lama glama) ;
  • l’alpaga (Lama pacos).

Ces animaux sont domestiques, contrairement à ce que croient les groupuscules animalistes, qui ne connaissent souvent pas grand chose à la vie animale.

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Les chameaux sont des animaux domestiques, pas sauvages !

B. Animaux non-domestiques 

L’hébergement d’animaux non-domestiques est soumis à une double condition. Tout d’abord, le cirque doit être doté d’équipements spécifiques aux espèces qu’il détient. Ensuite, le dresseur ou éducateur doit être titulaire d’un certificat de capacité. Ce certificat de capacité est un diplôme délivré par l’État après analyse du dossier de l’impétrant et examen oral devant un jury composé de spécialistes de la faune sauvage appartenant au ministère de la Transition écologique, d’experts indépendants et de représentants du muséum d’Histoire naturelle.

Les conditions d’hébergement des animaux non-domestiques sont établies par l’arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants.

Cet arrêté a été pris, notamment, au visa des articles L. 214-1 et suivants du code rural. Contrairement à ce qu’affirment les animalistes, cela signifie que tout cirque respectant les obligations de l’arrêté est réputé respecter aussi les articles L. 214-1 et suivants du code rural (cela a été jugé : CE, 21 nov. 2018, One-Voice, req. n° 414357).

Il faut rappeler ici que cet arrêté a été adopté par le ministre de l’Environnement à l’issue d’une intense concertation avec les organisations de protection animale. Autrement dit, des organisations telles que la SPA ou 30 Millions d’amis ont été sollicitées dans le cadre de la rédaction de cet arrêté ; il est étrange de les voir aujourd’hui le contester comme si elles le découvraient…

À noter : la presque totalité des animaux non-domestiques sont nés dans les cirques où ils sont hébergés. Ces animaux n’ont pas été arrachés à leur milieu naturel, leur importation étant presque impossible depuis plus de 40 ans.

En application des articles L. 412-1 et suivants du code de l’environnement, des articles L. 214-1 et suivants du code rural, et de l’arrêté du 18 mars 2011, les autorisations sont délivrées aux cirques par le préfet, et par lui seul. Les communes, et notamment les maires, n’ont aucun pouvoir dans ce domaine (pas plus qu’ils n’en ont pour délivrer le permis de conduire ou le diplôme de médecin ou d’avocat…).

En pratique, ce sont les directions des services vétérinaires de l’État (DSV), rattachées aux directions départementales de protection des populations (DDPP), et elles seules, qui vérifient si les conditions d’hébergement des animaux sont respectées, avant de délivrer aux cirques les autorisations qu’ils sollicitent.

Une fois l’autorisation obtenue, tout n’est pas fini.

2. Les cirques sont soumis à des contrôles permanents

Afin de vérifier s’ils respectent toujours les conditions au vu desquelles l’autorisation leur a été délivrée, les cirques sont soumis à des contrôles permanents. Les inspecteurs des services vétérinaires, accompagnés de gendarmes ou de policiers, peuvent intervenir à tout moment dans les cirques, afin de vérifier de manière exhaustive les conditions d’hébergement des animaux.

À noter : ni le maire, ni les agents municipaux, et encore moins les parlementaires comme Mme Claire O’Petit (…) n’ont le droit de procéder à l’inspection des cirques. Ceci est strictement réservé à des professionnels de la faune sauvage du ministère de la Transition écologique. Il va de soi que les groupuscules animalistes n’ont aucun pouvoir d’aucune sorte, et que les titres d’enquêteurs ou d’inspecteurs dont ils s’affublent ne sauraient leur conférer un quelconque pouvoir ; tout au plus peut-on considérer qu’ils s’arrogent un droit de milice privée, qui rappelle des heures sombres de notre histoire.

Il y a lieu de préciser que chaque animal doit être « pucé », et inscrit sur un registre national qui permet au ministère de la Transition écologique de disposer à tout moment d’une vision d’ensemble des populations d’animaux non-domestiques hébergées dans les cirques français.

De plus, chaque animal est doté d’un registre individuel, sorte de « main courante » relatant les événements qui le concernent. Ce registre est complété au fur et à mesure par les agents des DDPP, ce qui permet de suivre l’animal d’un contrôle à l’autre et d’un département à l’autre pendant les tournées. Y sont notés les accidents, maladies, interventions vétérinaires, etc.

En outre, le cirque doit disposer d’un registre entrées/sorties qui recense, comme son nom l’indique, les entrées et sorties d’animaux dans le cirque.

Bien sûr, il peut arriver, comme pour toute activité, que certains cirques ne respectent pas (ou plus) les conditions d’hébergement nécessaires à la bientraitance de leurs animaux. Le Syndicat national des Arts du Cirque, attaché aux meilleurs conditions de vie des animaux, qui sont les partenaires des artistes, ne soutient pas ces dérives.

A noter : dans une décision historique du 21 novembre 2018, le Conseil d’Etat a rejeté le recours de One-Voice tendant à obtenir l’abrogation de l’arrêté du 18 mars 2011. Répondant point par point à la requête du groupuscule, le Conseil d’Etat rejeté tous les moyens soulevés par les animalistes, suivant ainsi la défense du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et de l’Association de défense des cirques de famille, membre du Syndicat.

Le Conseil d’Etat a en particulier jugé que « l’association requérante n’est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que l’arrêté contesté méconnaîtrait (…) les dispositions de l’article L. 214-1 du code rural ».

Décision à lire ici.

3. Les animaux-tirelires des animalistes

Les groupuscules choisissent souvent un ou deux animaux afin d’en faire l’emblème de leurs campagnes de collectes de fonds. En d’autres termes, ils utilisent les animaux de cirques pour engranger des dons en quantité, sans qu’on sache vraiment où va l’argent ensuite.

A. L’hippopotame Jumbo

Tel a été le cas de l’hippopotame Jumbo, dont les conditions d’hébergement ont fait l’objet de véritables campagnes de diffamation et de calomnies. Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des mensonges qui ont été propagés par les groupuscules animalistes, mais nous nous bornerons à préciser que les nombreux contrôles dont le cirque a fait l’objet, le plus souvent inopinés, n’ont jamais révélé le moindre problème de maltraitance de ce brave Jumbo, qui est parfaitement acclimaté à sa vie de cirque, et qui mange parfois à la table des artistes du cirque…

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La justice a donné tort aux groupuscules animalistes qui propageaient des calomnies à l’égard de l’hippopotame Jumbo (référé) (DR).

B. L’éléphante Maya 

De même, aucun contrôle ni aucun diagnostic vétérinaire n’ont jamais montré une quelconque maltraitance de l’éléphante Maya, au sujet de laquelle tout a été dit, et surtout n’importe quoi (voir TA Bordeaux, ord., 23 oct. 2017, One-Voice). Les animalistes ont même été jusqu’à affirmer, pendant l’hiver 2017, qu’elle était morte seule, de nuit, au fond de son camion, et que le cirque avait tenté de dissimuler la mort de ce pachyderme de 4 tonnes. Cette fake-news avait déchaîné la colère des activistes, qui avaient appelé à incendier le cirque et à assassiner son directeur.

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Utilisant insidieusement la forme dubitative (qui n’est pas exclusive de la diffamation), Code animal laissait entendre, fin janvier 2018, que Maya était morte des suites des mauvais traitements qu’elle aurait subis. Aujourd’hui, Maya coule des jours heureux et est, comme auparavant, en bonne santé pour son âge.

Parallèlement, le P-dg de Vente-privée.com s’offusquait du traitement réservé à cette éléphante, tout en posant fièrement dans son bureau aux côtés d’un tigre… empaillé. Certains n’ont vraiment honte de rien.

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Le P-dg de venteprivée.com fait la morale aux cirques, aux côtés d’un tigre… empaillé et habillé d’un blouson… de cuir (DR). No comment.

Aujourd’hui, Maya – qui est bien vivante –  va très bien et coule des jours heureux, en retraite, grâce à un accord passé avec le cirque qui l’hébergeait jusque-là. C’était son heure.

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Maya, l’éléphante instrumentalisée pour des campagnes de collecte de fonds par des groupuscules animalistes (DR).

C. L’éléphante Lechmee 

Les trois éléphantes du Cirque Medrano font également l’objet de toutes les attaques. Pour maintenir en haleine un certain public prêt à croire toutes les calomnies déversées sur les réseaux sociaux, une vie d’horreur et de torture est inventée de toutes pièces, bien loin de la réalité que vivent ces pachydermes. Ainsi, l’éléphante Lechmee n’est absolument pas aveugle, mais atteinte de cataracte ; elle a été opérée par la plus grande spécialiste française des éléphants, le docteur Florence Ollivet-Courtois (coût de l’intervention, entièrement à la charge du cirque : 14.000 euros). Lechmee n’est pas non plus handicapée, mais atteinte d’arthrose, comme beaucoup d’être humains du même âge… Les exercices qu’elle est appelée à exécuter ont toujours été adaptés à son état, et sont mêmes nécessaires au maintien de son équilibre.

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Éléphantes du Cirque Medrano prêtant leurs pattes pour un soin indispensable pour elles : la « manucure ».
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Un exercice très apprécié par ces dames…

À noter : la société Arena Production a répondu à ces attaques calomnieuses sur le site de France-Soir.fr : lire ici.

En conclusion, l’hébergement d’animaux dans les cirques est un métier exigeant qui requiert de grandes compétences de la part des éducateurs. Les militants de la cause animale, qui ne sont ni vétérinaires, ni titulaires d’un certificat de capacité, ni éthologues… et qui ne doivent leurs maigres connaissances qu’à la lecture d’Internet n’ont aucune légitimité pour porter un jugement sur des activités dont ils ne connaissent à peu près rien.

Croire qu’on bat ou qu’on affame un animal pour le dresser est une calomnie assez odieuse, qui ne reflète évidemment pas la réalité. On ne voit pas comment un dresseur bien connu pourrait dresser 12 lionnes blanches à mains nues, s’il les battait ; il y a longtemps qu’elles l’auraient tué. En réalité, les animaux de cirques sont éduqués comme les chevaux du Cadre Noir de Saumur ou les chiens d’aveugle. Personne n’a jamais entendu dire que ces animaux auraient été maltraités ; il en va de même pour les cirques. Il ne faut pas confondre les images de dressage prises en Asie (où le rapport homme/animaux est très différent) avec ce qui se passe en France et plus largement en Europe.

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Les éléphantes du Cirque Arlette-Gruss dans leur immense parc près du Mans, équipé de boue et de jets d’eau, lorsque le cirque n’est pas en tournée (DR).
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Dany Dumas, jeune artiste (Cirque Bostok) et sa lionne, qui l’adore.

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