Les animalistes

« Les animaux ne sont pas des clowns » indique une pancarte antispéciste. Les animaux non…

Les cirques traditionnels font face depuis quelques années à l’agressivité et à la haine de groupuscules animalistes, qui multiplient les actions de harcèlement : pétitions, attroupements devant les caisses, arrachage des affiches, destruction de matériel, intimidation, etc. Là où il pourrait y avoir un échange intelligent sur la cause animale, des activistes ultra-minoritaires (sans doute 20.000) monopolisent le débat avec l’aide complaisante des médias mainstream et des arguments affligeants, issus d’une idéologie totalitaire antispéciste complètement dépassée.

Derrière les agitateurs qui s’en prennent aux boucheries, aux poissonneries, aux charcuteries, aux zoos et aux cirques, il y a les mêmes groupuscules, très peu nombreux (environ 20.000 personnes). Les animateurs de ces groupuscules n’ont aucune connaissance scientifique, géographique, juridique, médicale ou éthologique particulière. Ils se servent d’idéologies nées de réflexions universitaires qui n’ont eu aucun écho du vivant de leurs auteurs.

De Richard D. Ryder à Peter Singer en passant par Gary Francione ou Charles Patterson et son « Éternel Treblinka », ils assimilent le sort des animaux à celui des Juifs à l’époque de la Shoah. De la mouche aux acariens en passant par la baleine, l’Homme et le rat, toute vie est égale.

Pour la sociologue Marianne Celka (Université Paul-Valéry, Montpellier), « la mouvance antispéciste ne se radicalise pas, elle l’est à la base, puisqu’elle veut renégocier les racines de la société » (RTS, La Matinale, 23 mars 2018). La lutte contre les cirques n’est que la face émergée de l’iceberg antispéciste. A travers les cirques, c’est toute la société qui est visée, et osons le dire, notre civilisation elle-même.

La présidente de la FNSEA s’est émue récemment de l’outrance et de la violence des animalistes dans une lettre adressée à Christophe Castaner, nouveau ministre de l’Intérieur : « Cette escalade de violence verbale et physique [est] indigne de notre démocratie ». « Si chaque citoyen bénéficie du droit fondamental à pouvoir exprimer ses convictions, il existe bel et bien une limite à ne pas franchir. Cette limite, c’est l’appel à la haine et à la violence, c’est le passage à l’acte : dégradations, incendies, menaces de mort », a écrit Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Aller à la page « La haine des activistes »

« Les actions chocs sont toujours un moyen privilégié de dénonciation, notamment avec l’avènement des réseaux sociaux, qui promeuvent des discours plus émotionnels que rationnels » (RTS Info, 20 mai 2018).

Cette violence apparemment sans limites s’appuie sur l’antispécisme. Cette idéologie revient à contester jusqu’à la chaîne alimentaire, et les Cahiers antispécistes n’hésitaient pas, il y a quelques mois, à prôner des interdictions destinées à empêcher le lion de manger des gazelles, et le chat de manger des souris.

Les idéologies antispécistes, nées dans les vapeurs hallucinogènes de Woodstock, avaient pratiquement disparu à la fin des années 70. Elles ont réapparu à la faveur de l’élevage industriel et des excès (réels) de la mal-bouffe. Derrière le végétarisme, se cache le veganisme. Et celui-ci amène inexorablement à une contestation globale, c’est-à-dire radicale au sens révolutionnaire, de la société contemporaine.

Face aux excès d’un militantisme qui verse souvent dans l’outrance, et parfois dans le terrorisme, Michel Onfray prône un débat apaisé sur la condition animale dans la société. Il souhaite faire « entendre une voix pacifique, raisonnable et militante pour défendre les animaux. En se désolidarisant (…) des outrances de certains discours de militants qui assimilent la batterie de poulets d’élevages (une abjection morale…) au système concentrationnaire nazi » (Kaizen Magazine, 2012).

Les professionnels du cirque s’inscrivent volontiers dans ce débat. Ils vivent avec leurs animaux 24h/24 et les connaissent mieux que personne.

Prenons l’exemple des tigres. En 1900, on estimait le nombre de tigres à environ 100 000. Il en resterait à peine 3 800 aujourd’hui. Et les cirques en détiennent eux aussi à peu près 3 000 dans le monde. Les artistes de cirque ont donc un rôle décisif à jouer pour sauver cette espèce d’une disparition prochaine. L’avenir de la condition animale n’est pas dans l’outrance, la calomnie et les injures.

« Mowgli se leva pour partir. — Toute la soirée, je suis resté là vous écoutant, jeta-t-il par-dessus son épaule, et, sauf une ou deux fois, Buldeo n’a pas dit un mot de vrai sur la Jungle, qui est à sa porte » (Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle, 1894).

À noter : l’étrange complaisance de certains médias pour les activistes va loin. « Le Télégramme » du 19 août 2018 a réussi l’exploit de remplir une page entière pour relater une manifestation anti-cirques… d’une seule personne ! Oui vous avez bien lu ! Incroyable mais vrai. La preuve ici.

De même, « L’Union » de Reims a consacré tout un article, en pleine page, à une manifestation de… quatre personnes. Pendant ce temps-là, le cirque visé accueillait plus de 5.000 spectateurs, dans le silence absolu de ce journal… La preuve ici

 

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