Analyse. L’échec de la stratégie animaliste

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Barbara Pompili assistant au débat parlementaire cette semaine.

L’Assemblée nationale a finalement écarté la proposition de loi du groupe EDS, portée par Cédric Villani. Celle-ci visait à améliorer le sort de certains animaux (mais pas de tous, curieusement), alors qu’il aurait fallu s’attaquer à la maltraitance animale elle-même, mieux la définir et mieux la sanctionner.

Au lieu de cela, la proposition de loi a préféré s’en prendre à des Français (éleveurs, chasseurs, artistes de cirque…) et les stigmatiser, ce qui était une erreur politique et stratégique majeure, montant les Français les uns contre les autres. Cette erreur grossière est d’autant plus étonnante que tout le monde est d’accord pour améliorer le sort des animaux, qu’ils soient sauvages, de rente, de compagnie ou de loisirs.

Mais il aurait fallu définir ce qu’est vraiment la maltraitance animale, et c’est là que le bât blesse, car personne ne sait le dire à l’heure actuelle : promener son chien en laisse ? Ne lui donner que des croquettes ? Avoir un canari en cage ? Être propriétaire d’un NAC ? Abandonner un animal qui vous aime ? Refuser de rendre l’animal inconscient avant de le tuer (abattoirs) ? Emasculer les porcs sans anesthésie ?

S’attaquer à des cibles [les artistes de cirque (soi-disant consanguins dégénérés), les chasseurs (soi-disant brutes avinées), les veneurs (prétendue élite sociale), les éleveurs (tortionnaires cruels)…] était une erreur fondamentale. Le Parlement ne peut pas laisser prospérer une stratégie visant à monter les Français les uns contre les autres, alors que tous étaient d’accord pour améliorer la condition animale sur des bases raisonnables et consensuelles. Les antispécistes ont préféré la « haine » au consensus ; ils en payent le prix.

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L’erreur stratégique des antispécistes : désigner des gens et les cibler (comprenez : les harceler, les injurier, les stigmatiser jusqu’à ce qu’ils craquent).
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Une priorité irréelle, alors qu’on laisse de côté les poussins broyés vivants, les corridas, l’abattage sans étourdissement et tant de souffrances bien réelles, elles.

Cette erreur stratégique a donné des résultats qui sont à la hauteur de la tactique de « haine ciblée » utilisée par les agitateurs frénétiques sur les réseaux sociaux et dans les e-mails dont ils inondent les pouvoirs publics :

  • 98,8% des communes, soit 34.600 communes sur 35.000 n’ont pas accepté de prendre position contre les cirques hébergeant des animaux sauvages ;
  • Il n’y a aucun consensus scientifique sur la question de la maltraitance liée à la captivité (v. la position du SNVEL, l’analyse du docteur vétérinaires Florence Ollivet-Courtois, les études faites par Martin Lacey en Allemagne, l’absence de position de l’ordre des vétérinaires français…) ;
  • L’Assemblée nationale a écarté la proposition de loi sur la condition animale, qui laissait curieusement de côté le broyage des animaux vivants, les égorgements annuels de l’Aïd, les abattoirs halal et les corridas ;
  • Des députés, excédés par le cyberharcèlement des animalistes, envisagent de porter plainte contre eux ;
  • Les Français sont de moins en moins nombreux à demander une interdiction des cirques hébergeant des animaux sauvages. Leur nombre est passé de 67% (IFOP – février 2018) à 57% (IFOP, juillet 2020), soit une baisse de 15% ;
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De 67% en février 2018 (IFOP), le pourcentage est descendu à 57% le 28 juillet 2020 (IFOP). Une baisse significative qui devrait faire réfléchir (source : Ouest-France)

 

  • Le projet Rewild, présenté en Une des médias comme une première (ce qui est faux) est un échec retentissant : 2,4 tonnes d’animaux morts en 5 mois et fermeture administrative au public du site ! ;
  • Dans un arrêt du 21 novembre 2018, le Conseil d’État a donné tort aux animalistes en jugeant que l’arrêté du 18 mars 2011 qui permet aux cirques d’héberger des animaux sauvages est conforme à l’article L.214 ;
  • Les Cahiers antispécistes ont cessé de paraître ;
  • Enfin, last but no least, la chaîne Komodo.TV d’Aymeric Caron, le défenseur des mamans moustiques, a fait un bide retentissant.

L’échec de la stratégie animaliste, qui voulait se concentrer sur des cibles désignées à la vindicte populaire (les cirques, les bouchers, les éleveurs…), et non sur le fond (la maltraitance) est patent. S’attaquer à des personnes au nom d’une idéologie, c’est ce qu’ont fait tous les mouvements qui ont abouti à des dictatures (nazis, communistes, khmers rouges…), sans exception. L’erreur est majeure, et sans doute fatale à ces mouvements pour de longues années.

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Eh non, ce n’est pas fini. Vous allez donc nous assassiner ?

Les objectifs de l’Organisation pour un rassemblement antispéciste (ORA), dénommée « Assemblée générale antispéciste » sur Facebook, regroupement plus ou moins clandestin réunissant tous les groupuscules animalistes, n’ont pas été atteints. Les affirmations de Mme Sanvisens, lors d’une réunion de l’ORA, selon laquelle les artistes de cirque seraient le maillon faible, parce qu’ils ne savent pas faire de lobbying (!), révèlent une totale erreur d’analyse.

En même temps, quand une pâtissière végane se prend pour un docteur vétérinaire, que peut-on attendre de sa capacité d’analyse, nous vous le demandons… 😉

L’Association de défense
des cirques de famille

4 commentaires sur “Analyse. L’échec de la stratégie animaliste

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